Communiqué du collectif MOM( Migrant Outre Mer) : Ajout� le 17/5/2008 � 08:51 AM
16 mai 2008 - Appel à la fermeture du centre de rétention de
Pamandazi « indigne de la République » selon la Commission nationale de
déontologie de la sécurité
Communiqué du Collectif Mom (Migrants Outre-mer)
La
Commission nationale de déontologie de la
sécurité, saisie par le député Etienne Pinte (UMP) et la sénatrice Nicole
Borvo (PC), s’est rendue à Mayotte pour enquêter sur le naufrage, le 4 décembre
2007, d'une barque chargée d’Anjouanais qui avait heurté une vedette de la
police aux frontières, faisant deux morts, dont un enfant, et huit
disparus.
L'avis de la CNDS, rendu le 14 avril
2008[1]
conclut notamment : « Sans se
prononcer sur les causes du naufrage, la Commission demande qu’il soit
impérativement mis fin, conformément à la réglementation internationale en
vigueur, à la pratique de la navigation en dérive feux éteints lors des
opérations de recherche en mer des clandestins. Elle recommande instamment de ne
plus recourir à des méthodes, qui aboutissent à la mise en danger d’êtres
humains, notamment de femmes et d’enfants, dans des conditions susceptibles de
caractériser le délit d’homicide involontaire. »
Et concernant le centre de
rétention, la
Commission estime « que le centre de rétention
administrative de Mayotte est indigne de la République […] Elle rappelle que la capacité théorique
[de 60 places] doit être respectée.
[…] Les conditions de vie au centre
de rétention administrative de Mayotte portent gravement atteinte à la dignité
des mineurs retenus ». La Commission demande que « les
mineurs ne soient plus placés en rétention dans l’actuel centre de rétention
administrative de Mayotte ».
Cet avis a été transmis au
ministre de l’Intérieur, au garde des Sceaux et au ministre de l’Immigration,
de l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire.
Pourtant, le placement en rétention, l’expulsion d’un très grand nombre de
mineurs, et la sur-occupation du centre de rétention de Mayotte sont toujours
quotidiens.
Ainsi, le 12 mai à 10 heures, un
observateur note : « 165
personnes sont présentes au centre de rétention administrative dont 90 hommes,
43 femmes, 25 mineurs de plus de 2 ans et 7 mineurs de moins de 2 ans. Pour ce
matin aucune visite n’est accordée au motif que la police a trop de
travail ».
Chaque année environ 16 000
personnes dont 3 000 mineurs, soit près d’un habitant sur dix sont expulsées à
partir de Mayotte. Ce chiffre record entraîne une atteinte à la dignité humaine
et des violations quotidiennes des principes de droit les plus
élémentaires.
Nous appelons donc à la
fermeture du centre de rétention de Pamandzi, qualifié d'« indigne de
la
République » par la CNDS.
16 mai
2008
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